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lundi 26 août 2019

Les Tourments



Pourquoi ce soir paraît-il différent que d’habitude ? Qu’y a-t-il pour se distinguer des autres soirs de ma vie ? La nuit semble plus longue que jamais auparavant ; les yeux écarquillés cherchent le sommeil dans une large pièce toute en noir, mille et une pensées bouillonnent dans mon esprit, Un frisson épouvantable de temps en temps me traverse le corps. Une voix retentit dans mon âme, me disant que quelque chose va se produire. Serait-ce un signe de mauvais augure ? Non ! J’hallucine, ce n’est rien, un peu de fatigue c’est tout. C’est peut-être parce que j’ai trop bûché pendant la journée ! Mais qu’ai-je fait pour être fatigué ! Je n’ai rien fait à part la lecture de quelques pages d’un livre. Pourquoi alors je me tiens gelé dans mon coin, les paupières n’ont même pas le temps de palpiter ; on dirait que mes yeux sont en train de regarder un spectacle affreux dont ils ne veulent manquer aucun moment.
Je fais défiler dans ma tête les événements de cette journée soit disant fatigante, de sorte que je puisse trouver une raison pour justifier cet invincible délire, ce moment d’insomnie infernal. Rien ne la diffère des autres.
J’entends une voix qui me paraît d’emblée bizarre, mais je me suis rendu compte qu’il s’agit du téléphone qui sonne pour la première fois aujourd’hui. Mais qui pourrait m’appeler à cette heure tardive. Je me lève à peine, mes deux pieds me manquent, j’insiste tout de même à aller répondre. Je vais à l’autre pièce où le téléphone est posé et je réponds :
_ Allô !
_ Allô, bonsoir.
_ C’est qui ?
_ Ne me dis pas que tu ne reconnais pas ma voix ? 
_ Non ! Je ne l’ai pas reconnue. Dis-moi alors ! T’es qui ? 
_ C’est Adel, ton ancien ami du quartier. Je viens de rentrer au Bled et j’ai voulu que tu sois le premier à en être au courant.
_ Oh Adel, ça fait un bail que tu ne m’as pas téléphoné, comment pourrais-je me rappeler de ta voix ! 
_ Allô, tu m’entends ? Allô ...
La voix semble interrompue, personne ne répond.
J’attends un instant, debout à côté du téléphone, sûr que Adel va appeler de nouveau et que la coupure de la ligne n’était qu’un petit problème de réseau. Dix minutes sont déjà passées et le téléphone n’a pas sonné, vingt minutes, trente minutes et quarante, que s’est-il passé alors ?
Je reviens vers ma place à pas lourd, espérons encore que le téléphone sonne de nouveau. Aussitôt arrivé, que des illusions commencent à affluer dans mon esprit. Le bourdonnement d’un aiguillon d’une montre pendue en face de moi s’incorpore avec l’obscurité effrayante de la pièce. Jamais je n’ai entendu un tel silence autour de moi, en sorte que mon cœur s’en effraie. Cela est largement suffisant pour créer une atmosphère pareille à celle que j’ai la coutume de voir dans les films d’horreur.  Je me demande, était-il vraiment Adel ? Ou plutôt, le téléphone a-t-il vraiment sonné ? Ne serait-ce pas un rêve, un cauchemar ? Suis-je éveillé ? Ou endormi ?

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